Les boas de Kapil

Kannauj, octobre 2018. Je suis arrivé à Kannauj ce matin avec mes parents qui passent deux semaines de vacances avec moi en Inde. Après le déjeuner, nous nous baladons dans le marché de la gare, bien occupé en cette veille de Karva Chauth. Les yeux, visiblement peu habitués à voir des Occidentaux ici, sont braqués sur nous, et les demandes de selfies et autres photographies se multiplient. Beaucoup nous demandent d’ailleurs ce que nous faisons dans leur ville. Ce qui est évident pour moi ne semble pas l’être pour eux.

Un vieil homme nous appelle. Il est près d’un garçon à qui il demande de nous montrer quelque chose. Celui-ci enfonce son bras par le col de son t-shirt et en ressort un minuscule serpent ! Mes parents et moi sommes amusés. J’échange deux mots avec Kapil, qui vient de Bilhaur, un village non loin d’ici sur la route de Kanpur. Sans surprise, il réclame un peu d’argent. Nous décidons de lui donner 20 roupies pour le petit divertissement qu’il nous a offert, puis continuons notre balade.

Celle-ci est lente, sans cesse ralentie par les curieux qui nous demandent d’où nous venons. Nous n’avons fait que quelques mètres quand nous retrouvons Kapil et le vieil homme. Celui-ci s’adresse à moi en Hindi : « dusra hai », « il y en a un autre ». Cette fois-ci, ce n’est pas de son t-shirt mais du sac qu’il porte en bandoulière qu’il sort un serpent. Et cette fois-ci, ce n’est pas un bébé mais un bel adulte rose orangé. Je demande le nom de ce serpent, on me répond « Dumohi », un boa des sables. Kapil me le tend. J’hésite, je suis un froussard, moi ! Le viel homme insiste, toujours en Hindi : « nahin kaatta hai », « il ne mord pas ». Je le prends, il s’agite à peine. À aucun moment il ne cherche à me mordre, il n’est absolument pas dangereux. Quant à moi, je cherche ses yeux minuscules afin de repérer sa tête, difficile à différencier de sa queue ronde. À ce moment-là, quinze, peut-être vingt personnes sont autour de moi, sans compter mes parents qui jouent les paparazzis.

Je rends son monstre à Kapil, qui me regarde avec un sourire malin et me demande : « Aur panch rupiya », « encore cinq roupies »… Il les a bien méritées. Il faut dire que c’est la première fois que je tiens un serpent dans mes mains !

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