Niccolo Manucci (1638-1717)

Un vénitien chez les Moghols

« Je n’étais pas bien avancé en âge, que me dévorait déjà l’envie la plus ardente de voir le monde » – Niccolo Manucci

En route vers les Indes

Niccolo Manucci nous raconte son histoire, celle d’un gamin de Venise parti à l’aventure en 1653, à l’âge de 14 ans. Il se retrouve à suivre un ambassadeur Anglais envoyé en Perse par le roi Charles II pour trouver de l’aide contre la République de Cromwell.

Devant le refus du Shah, l’ambassadeur part avec son jeune protégé en Inde, où ils débarquent en 1656, pour rencontrer le Grand Moghol, mais il meurt avant d’arriver à Delhi, laissant le jeune Manucci seul dans le pays lointain.

Dans l’armée de Dara Shikoh

Quelques bonnes rencontres lui permettent d’entrer au service du prince héritier Dara Shikoh, dans l’artillerie. Mais au même moment l’empereur Shah Jahan tombe malade, entraînant une guerre de succession.

La fidélité de Manucci envers le prince est récompensée par un poste de capitaine d’une troupe de mercenaires européens chargés de défendre une forteresse au Pakistan. Mais Dara est vaincu et Manucci doit se rendre. Le nouvel empereur, Aurangzeb, lui propose de travailler pour lui, mais il refuse.

Hakim Niccolo

Après avoir voyagé de Calcutta à Goa, Manucci décide de s’installer à Lahore pour y devenir médecin vers la fin des années 1660, bien qu’il n’y connaisse rien de plus que ce que sa propre expérience lui a appris, et ce qu’il peut lire dans des ouvrages qu’il s’est procuré. Mais il profite de la renommée de la médecine européenne.

Après quelques années pendant lesquelles ses bons résultats lui ont permis de se faire connaître auprès de la noblesse locale, Manucci part quelque temps en territoire chrétien, à Goa, avant de partir à Delhi où il se retrouve au service du prince Shah Alam à partir de 1678.

Manucci diplomate

Ne se plaisant guère parmi les musulmans, il repart à Goa en 1683. Il aide alors les Portugais et les aide face au Marathe Sambhaji puis face à Shah Alam. En reconnaissance il est fait chevalier de Sant’iago.

Manucci s’installe plus tard à Madras où il se marie en 1686 avec une veuve anglaise. Il reste vivre dans cette ville où il exerce son métier de médecin. Ses relations avec les Moghols lui permettent de sauver à plusieurs reprises les Anglais de Madras et les Français de Pondichéry.

Pourquoi le lire ?

Malgré quelques longueurs, comme dans tout ouvrage de ce genre, ce livre se lit plutôt bien grâce à une écriture simple et concise, l’auteur étant un aventurier partit découvrir le monde à l’adolescence plutôt qu’un savant.

« Le voyage est un grand maître ; qui se promène sans rien apprendre peut à bon droit être traité d’âne. » – Niccolo Manucci

Le récit de ce Vénitien nous donne un aperçu de l’Inde du XVIIe siècle et des évènements politiques qui s’y déroulaient : la prise de pouvoir d’Aurangzeb et la montée des Marathes.

Ils nous éclaire aussi sur la vie de ces nombreux européens, Français, Portugais, Anglais, Hollandais, tous désignés sous le terme Farangi, partis dans les Indes lointaines, des commerçants, des jésuites ou des mercenaires s’engageant dans les armées des moghols et des maharajahs. Ces aventuriers se croisaient et s’entraidaient souvent, quoique certains avaient moins de scrupules. Manucci en nomme plusieurs dans son livre, dont le Français François Bernier.

À lire :

• Niccolo Manucci, Un Vénitien chez les Moghols

 

Découvrez des extraits dans la rubrique Au gré des pages :

Sur le paan

Les veuves brûlées des Indes

• Médecine farangie au XVIIe siècle

 

 

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