Une envie de gyuma ?

Ajay prépare mes gyumas

Inde,  Delhi, septembre 2016. En prévision de mon prochain voyage au Spiti*, je me suis rendu cet après-midi à Majnu ka Tila, le quartier tibétain de Delhi, pour acheter des khatags (ou khatas), des écharpes de soie blanches que j’offrirai aux moines pour leur montrer mon respect.

Un tour dans ce quartier est aussi l’occasion de ramener à la maison quelques plats qu’on ne trouve pas forcément ailleurs. Après avoir acheté de la sha kampo au marché (de la viande séchée) et trois portions de laphing (des espèces de nouilles chinoises) devant le temple bouddhiste, je pars en quête de gyumas. La dernière fois que j’en ai mangées c’était il y a 4 ans déjà, avec des bergers** sur le plateau du Changtang, au Ladakh. Joli souvenir… La gyuma (je dis « la » mais il n’y a pas de genre en Tibétain) est une saucisse faite d’un boyau de chèvre rempli d’un mélange de tsampa, de viande (ici à Delhi c’est du buffle) et de sang.

Problème : on me dit que je n’en trouverai pas avant 6 heures, il n’est que 3 heures, et je n’ai pas vraiment envie d’attendre jusque-là… Mais comme en Inde, « everything is possible« , je m’adresse à Ajay qui vend des safalés et du chai dans la rue. Il envoie aussitôt un garçon qui ne tarde pas à revenir avec un sac contenant les fameuses gyumas qu’il reste à frire. Car Ajay vend aussi des gyumas, mais normalement pas au milieu de l’après-midi !

Même s’il vend de la nourriture tibétaine dans un quartier tibétain, Ajay n’est pas Tibétain, mais Bihari. Et même s’il vient d’un village près de Bodhgaya, il n’est pas non plus bouddhiste, mais hindou. Le Bihar étant l’état le plus pauvre de l’Inde, il n’est pas rare de croiser des Biharis loin de leur ville natale à la recherche de travail. Et c’est ainsi qu’Ajay a profité d’une opportunité pour venir à Delhi apprendre la cuisine tibétaine. Il avait 9 ans.

 

* Sur le Spiti, voir Le monastere de KeyLe jeu du Cholo et Une petite balade en bus ?

** Sur ces bergers, voir Le cycle de la vie himalayenne et L’écriture des oiseaux et la corne de yak.

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