Robert Challe (1659-1721)

La lecture de quelques récits de voyageurs européens s’étant rendus en Inde avant la colonisation anglaise avait chatouillé ma curiosité : dans quelles conditions voyageait-on à l’époque ? Quelle était la vie à bord de ces bateaux qui, après avoir quitté la Bretagne, mettaient des mois, contournant l’Afrique, pour atteindre les côtes indiennes ? Je savais que je n’étais pas le seul à me poser cette question, puisqu’une de mes lectrices régulières m’avait une fois demandé si j’écrirais un article sur ce sujet. Et c’est grâce à une note dans un livre de Sanjay Subrahmanyam que je trouvais une source idéale de renseignements : il s’agissait du Journal de voyage de Robert Challe !

Robert Challe est un personnage aussi intéressant qu’inconnu, et pour cause : toutes ses œuvres étaient anonymes ! Outre le journal de son voyage effectué en 1690, réécrit en partie plus tard, il écrivit une critique du christianisme vers 1710-1712, Difficultés sur la religion proposées au Père Malebranche, du Voltaire avant l’heure, et un roman, les Illustres Françaises, écrit en 1713, qui fait de Challe, d’après certains, un précurseur de Balzac. Bref, un personnage assurément orignal, de caractère, intelligent, sceptique. Forcément, ça me plaît !

C’est bien sûr son témoignage sur la vie à bord d’un vaisseau de la Compagnie des Indes orientales, qu’en tant qu’écrivain de bord il a su parfaitement décrire, qui nous intéresse ici. Ils partirent de Port-Louis, près de Lorient, en février 1690. Après une escale au Cap Vert et une autre dans les Comores, ils arrivèrent à Pondichéry en juillet. Ils firent une halte à Balassore puis au Myanmar, pour ramener des passagers de Siam, puis retournèrent à Pondichéry en passant par Balassore. Ils quittèrent Pondichéry en janvier 1691, arrivèrent en Martinique en juillet, puis rentrèrent en France en août.

Il y a tellement de choses à dire que les passages de son ouvrage en deux tomes feront l’objet de neuf articles, abordant différents aspects du quotidien de ces aventuriers. Eh oui ! Si vous avez l’impression de vivre une aventure quand vous avez un vol Paris – New Delhi avec une escale de 3 heures au Turkménistan, ou quand il vous faut passer 15 heures en Sleeper Class parce que votre train Agra – Varanasi a 2 heures de retard, ces articles vont vous remettre en place : c’était autre chose à l’époque !

Les conditions d’un voyage en mer à la Renaissance

Les articles paraîtront dans les prochaines semaines chaque vendredi après-midi. Bonne lecture !

Ces articles viennent compléter ce dossier :

  • Histoires tragico-maritimes (29 mai)
  • Esclave à Alger (5 juin)

Source :

Robert Challe, Journal d’un voyage fait aux Indes orientales, Mercure de France, 2002

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