François Bernier (1620-1688)

François Bernier (1620-1688)

Philosophe libertin avant d’être voyageur, et voyageur avant d’être médecin, François Bernier, le disciple de Gassendi, nous a laissé un des meilleurs livres de son siècle sur l’Inde. Étrangement, ce livre passa pratiquement inaperçu à l’époque en France, Bernier se faisant surtout connaître par ses travaux philosophiques, alors qu’il fréquentait les grands noms de Paris : Molière, La Fontaine, Boileau et bien d’autres.

Après la mort de son maître le philosophe Gassendi, Bernier décida de partir en voyage au Moyen-Orient. Il passa par la Syrie, la Palestine et l’Égypte où il resta un an. De là, il envisageait d’aller en Ethiopie, mais il renonça et prit la direction de l’Inde. Il arriva au port de Surate à la fin des années 1650, alors qu’Aurangzeb venait d’être couronné empereur. Bernier se rendit à Delhi où il se présenta comme médecin et réussi à se faire engager à la Cour. Mais s’il fut d’abord introduit comme médecin auprès de la noblesse moghole, c’est comme philosophe et savant qu’il passa plusieurs années à côtoyer les grands de la Cour de l’Empereur à Delhi ou Agra, où il put recueillir de précieuses informations.

Pourquoi le lire ?

Bien qu’il contienne quelques erreurs, notamment sur les dates, ce livre est d’une grande valeur historique grâce à ses explications sur les circonstances qui ont amené Aurangzeb sur le trône. Il décrit aussi avec de nombreux détails la cour du Grand Moghol, les capitales que sont Delhi et Agra (dont une des premières descriptions du Taj Mahal), les conditions du séjour d’Aurangzeb au Cachemire, la situation financière de l’Empire ou encore les croyances et pratiques religieuses hindoues.

L’esprit très rationnel de Bernier, rare à cette époque, le poussait à se méfier de ce qu’on lui disait (c’est particulièrement visible dans son rapport à l’astrologie) et à toujours chercher une explication logique à toute chose. Cela lui permit de nous offrir un ouvrage complet, savant, sans pour autant manquer d’humour dans certains passages, une référence sur l’Inde du XVIIe siècle.

À lire :

• Un libertin dans l’Inde moghole, Les voyages de François Bernier (1656-1669)

 

Découvrez des extraits dans la rubrique Au gré des pages :

Rumeur d’inceste dans l’Empire

Les amours d’une princesse

La mort lente des princes

L’eunuque amoureux

L’astrologue et le jardinier

Combats d’éléphants

Les veuves brûlées des Indes

Ascèse et magie des yogis

La chasse au lion

François Bernier et les femmes

Le bouleponge : le cocktail aux cinq ingrédients

• Les Juifs du Cachemire

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s